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Tout au long de leur séjour, les parrains pourront voir leur filleul(le) à de multiples reprises : en classe, le (la ) suivre en cours pour une matinée, visiter sa maison, connaître sa famille, aller faire quelques achats en ville avec l’enfant et sa maman ou avec l’enfant seul(le)si c’est un (une ) ado, les inviter au restaurant lors d’un repas avec toutes les familles des parrains présents. Pour le filleul et sa famille, c’est la joie immense de recevoir la marraine ou le parrain qui lui permet de suivre une scolarité normale, qui lui écrit souvent, lui transmet photos de famille et cartes postales de France… Les parrains participeront à plusieurs réunions qui leur permettront de se familiariser avec le cursus scolaire aux Philippines, le suivi des parrainages CSEP, et débattre sur des thèmes de société qu’ils souhaitent se faire expliquer. Leurs activités durant le séjour sont proposées par le CSEP et les responsables des centres, et décidées par le groupe. C’est ainsi que généralement, les parrains ont à cœur de voir le maximum de choses: visite guidée du bidonville d’où sont issus les enfants parrainés, marchés, musées, anciennes églises espagnoles fortifiées, la culture du riz (en février, c’est l’époque de la moisson), la coupe de la canne à sucre, village de pêcheurs et aussi la journée plage ! …. Certains parrains ont assisté à une intervention chirurgicale et sont ressortis émus du bloc opératoire cette année aucun n’a eu à payer une tournée générale, ce qui est la règle pour celui ou celle qui «tombe dans les pommes » au bloc ….
Ils ont pu visiter nos 3 centres de parrainages: Barrio-Obréro et Aklan, deux centres situés sur l’île de Panay, et Binalbagan, sur l’île de Négros occidental. Ces visites sont l’occasion de voir d’autres enfants parrainés, d’autres responsables de centre, et d’assister à notre arrivée à une fête de bienvenue (danses et chants ) présentée par les enfants (il y a là de quoi laisser pantois les parrains enseignants présents !…) Dans chacun des centres, le CSEP a réalisé depuis 1989 de multiples projets de constructions ou de rénovations de locaux scolaires, de centres sociaux, clinique, équipements divers.. et nous les faisons visiter à nos «Grands Témoins ».
Le parrain d’un enfant de Binalbagan ou de Aklan ne pourra voir son filleul et sa famille que pour un ou deux jours, et ce, en raison, d’une part de l’école car en semaine, les enfants sont en classe et dans ces centres on ne peut les rencontrer que le week-end, et aussi pour des raisons d’hébergement, (pas de possibilité pour passer la nuit à Aklan, et seulement 8 personnes peuvent dormir à Binalbagan). Lors de chaque séjour parrains (sauf à Binalbagan où c’est matériellement impossible, le CSEP offre un repas à tous les enfants du centre, et à Barrio-Obréro, le CSEP organise un repas (à la charge des parrains) afin de les amener avec leur famille pour la première fois dans un restaurant en bord de mer. A Binalbagan, les enfants ne seront pas lésés, puisque dans chaque centre, et chaque année, le CSEP offre un voyage scolaire sur un thème choisi par le centre, et, à cette occasion les enfants de Binalbagan auront en sus des repas gratuits, un peu d’argent de poche pour profiter des activités et des animations lors de leur voyage scolaire. Autre moment fort, c’est la rencontre avec les parents, et la visite dans la famille. A plusieurs reprises les parrains sont allés dans la famille, seuls, et ont pu partager des moments privilégiés. Moments parfois difficiles, car c’est au foyer que l’on mesure les conditions matérielles de la famille et que l’on mesure d’où viennent ces enfants. Cela interpelle d’autant plus que les parrains ont vu leurs filleuls à l’école, souriants et propres revêtus de leurs uniformes scolaires impeccables. Mais cette tenue scolaire est vite rangée dès le retour à la maison et ce, pour la remettre le lendemain. Si elle est sale, vite vite, elle est lavée, car il n’y en a pas de rechange!… La propreté des intérieurs surprend toujours les parrains, ainsi que le dénuement extrême de la maison le plus souvent faite de bois et de bambou, le toit en tôles ondulées non isolées, et cette exiguïté permet en général de n’avoir qu’une seule pièce qui fait à la fois office de cuisine, de salle à manger, de bureau et de chambre à coucher ! Dans chaque centre visité, les parrains m’ont suivi et aidé (photographie de chaque enfant, taille, poids, traduction de lettres, remise de cadeaux de leur part ou confiés par des amis parrains de France….) Certains ont assisté aux « conseils de discipline. » En effet, nos parrainages sont soumis à des règles strictes acceptées par le filleul et sa famille. Le manquement à l’une de ces règles peut entraîner l’exclusion du parrainage et donc la fin de la scolarité !… mais rassurez vous, toutes nos décisions sont prises dans l’intérêt de l’enfant. Je n’ applique ce règlement que rarement, et lorsque il y a eu plusieurs remarques pour indiscipline et pour manque de motivation dans le travail, absences injustifiées lors des réunions, lors de la prise des photos… . Mais … il faut être toujours très prudents ! Cette année je convoque un jeune de 14 ans: ses résultats très bons l’an passé, ont chuté de façon vertigineuse: à priori l’entretien s’annonce sévère.Or je vois arriver ce jeune pas «épais du tout » et tristounet ; je sens autre chose, alors je parle avec lui, calmement pour le mettre à l’aise et il m’explique ce qui se passe : sa maman a été hospitalisée dans un état sérieux durant deux mois, il a été très perturbé, et a dû assumer en plus les tâches ménagères. Maintenant, la maman va beaucoup mieux et est rentrée au foyer …alors, bien sûr, vous devinez le ton de l’entretien, cela durera plus longtemps qu’un conseil de discipline, mais le jeune repart apaisé, heureux que quelqu’un ait pu l’écouter, le comprendre et l’encourager … Un vrai conseil de discipline: T. a été averti l’an passé, ses notes sont faibles par manque de travail, il ne vient pas aux réunions, et Eléonor, responsable du centre doit le faire appeler à de multiples reprises pour qu’il apporte sa lettre pour son parrain . Elle me suggère de mettre fin à sa scolarité… L’entretien sera bref, sans sourire, sur un ton ferme, je lui indique que c’est sa dernière chance, que je suivrai son évolution personnellement, et que tout nouveau manquement aux règles ou à l’une d’elles entraînera son exclusion. …Heureusement, en général je n’ai pas plus de 2 ou 3 conseils de discipline, mais le CSEP n’est que le l’intermédiaire actif ntre le filleul et son parrain, qui paye pour lui permettre d’aller en clase afin d’être un jour diplômé. S’il s’avère que l’aide du parrain semble inutile, alors il faut prendre une décision, qui au final sera toujours celle du (de la ) responsable du centre. Ceci sert aussi d’exemple ! Enfin, dans deux centres, les responsables m’ont soumis des cas de précarité extrême, ou des demandes d’aide d’urgence afin de faire face a un problème familial grave (maladie : tuberculose, leucémie d’un papa et d’une maman ; aucun revenu possible pour raison de santé, papa ou maman décédée, parfois les deux…) Enfin ce cas terrible, évoqué l’an passé, (le seul à ma connaissance en 15 années de parrainages), c’est un cas d’inceste d’un père sur sa fille R. âgée de 16 ans. Enceinte, elle a dû subir un avortement chimique, le père a été jugé et est en prison pour de longues années à Manille. Mais cette jeune fille, quel drame ! elle est totalement traumatisée, et malgré cela elle travaille toujours aussi bien en classe, mais plus aucun revenu au foyer! Elle est très courageuse, et a la chance d’avoir des amies intimes de son âge avec lesquelles elle peut s’exprimer et se confier; cela va beaucoup l’aider, et nous mettons en place un suivi psychologique adapté. Elle sait aussi qu’elle pourra compter sur la responsable du centre et le CSEP .
Vous avez été nombreux à répondre à l’appel d’urgence que j’ai lancé en début mars, et cette aide reçue, nous a permis de transférer le 22 mars les fonds nécessaires pour ces 7 familles. Un grand merci, spécialement à deux parrains qui ont tenu à prendre en charge cette aide pour leur filleul lorsqu’il (elle) était concerné(e), et à plusieurs établissements scolaires(dont celui où j’enseigne à Baraqueville), qui ont organisé un « bol de riz » au profit de ces familles. A fin mars 2005, les sommes reçues dépassent 2800 euros, et permettent la mise en place de cette aide d’urgence pour 20 mois (jusque en octobre 2006 ! MERCI Suivant les cas, nous avons transmis une moyenne de 20 € par mois et par famille, et nous allons financer les séances psy pour R. Ma préoccupation, c’est ce papa atteint de leucémie, les examens se poursuivent, et c’est Irma, notre anesthésiste philippine qui vit à Iloilo, donc tout près, qui suit cela et m’informe régulièrement. Pour lui et sa famille, ce sera une aide accrue, car il faut payer analyses et aider matériellement la famille, mais ensuite il y aura le traitement et les médicaments.
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