1992 - 2005 Douzième mission chirurgicale
Du 12 février au 26 février, le CSEP a mené sa douzième mission chirurgicale en vue d’opérer des enfants démunis, atteints de fentes labio-palatines (bec de lièvre).
Ces missions se déroulent depuis toujours sur l’île de Panay à 600 km au sud de Manille.
En parallèle à ce type d’intervention, une équipe amenée par le CSEP a opéré 15 patients d’énormes goitres dus à un disfonctionnement de la thyroïde.
Deux cent cinquante kilogrammes de fret (matériel chirurgical et médicaments) ont été amenés de France pour mener à bien ces interventions .
Répondant aux demandes de nos anesthésistes philippins, nous avons acheté avant notre départ deux cuves vaporisateur isoflurane pour les anesthésies. Ce gaz, dix fois plus cher que l’halotane utilisé jusqu’ à l’année passée permet une plus grande sécurité lors des anesthésies, moins de saignements et un réveil plus calme et plus rapide.
Ces deux cuves ont été offertes à l’hôpital et tous les patients opérés peuvent maintenant en bénéficier.
Le coût de ces deux cuves (4000 € ) a pu être financé grâce aux dons reçus et aux expositions réalisées en Aveyron et dans le Tarn en novembre et décembre 2004.
Pour mener à bien ces deux missions chirurgicales, un groupe de sept personnes (4 chirurgiens, 2 plasticiens et 2 chirurgiens généralistes, un médecin et deux infirmières de bloc) ont participé à cette mission.
Une fois encore, il faut remercier ces équipes qui ont accompli un travail acharné et remarquable.
Notre devise est strictement respectée : Chaque enfant doit être opéré comme si c’était notre propre enfant.
Les relations avec les parents de ces enfants sont amicales et ce grâce, à la disponibilité, la compétence, la simplicité et la confiance qui se sont établies depuis 1992.
Fentes labio-palatines : 6 interventions par jour !
Durant notre séjour, de 7h45 à 18h30 non stop, nos deux chirurgiens plasticiens ont opéré 6 enfants chaque jour. De leur côté, dans le second bloc, Paul et Ioan, chirurgiens généralistes ont opéré chaque jour 2 ou 3 patients de la thyroïde. Opérations très délicates et longues, car les équipements de cet hôpital rural ne sont pas ceux dont ils ont l’habitude de disposer en France dans leur service.
A ce rythme, au bout de 5 jours, l’hôpital était surchargé (il ne dispose que de 50 lits). Nous avons atteint (avec les patients philippins hospitalisés pour d’autres raisons) 93 patients dans l’hôpital, ce qui a entraîné une mobilisation générale du staff philippin.
 |
 |
| Un enfant qui sera opéré |
Tristan 8 jours après l’intervention |
 |
| Brigitte, Catherine et Gérard en consultation |
Notre joie est immense, car sur les 53 enfants venus en consultation, 52 ont été opérés ! l’un d’eux fiévreux sera opéré en priorité en 2006.
C’est pour moi un très grand soulagement, car c’est un moment terrible lorsqu’il faut refuser des patients.
Un grand merci aussi au personnel de l’hôpital (20 personnes). Il a facilité toutes ces interventions et assuré le suivi et la sécurité post-opératoire.
Enfin, une visite nocturne, chaque soir après le dîner a très fortement et agréablement surpris et rassuré les parents et tout le staff de l’hôpital. Pour nous, cela paraît tout à fait normal, et nous a permis de passer des nuits courtes mais avec moins de stress !...
De plus, quand le besoin s’en faisait sentir, nos praticiens ont donné un coup de main au médecin urgentiste de garde, totalement débordée par des urgences vitales.
Irène, notre orthophoniste a pris en charge les enfants apès les interventions afin de leur permettre de parler normalement, les parents devant ensuite appliquer ses méthodes qui donnent d’excellents résultats.
Ce nouveau succès n’est pas le fait du hasard . C’est la conclusion de 11 mois de préparation minutieuse entre nos équipes, l’hôpital, Eva, assistante sociale, et le CSEP qui a coordonné l’ensemble des missions et la logistique.
Enfin et surtout, c’est le grand professionnalisme et le travail acharné de chacun des intervenants qui ont fait le reste.
 |
 |
Irène, orthophoniste dans son activité
|
Au bloc, côté thyroïde
|
Cette façon d’organiser et de travailler porte ses fruits et les patients en sont les bénéficiaires.
Nous ne prenons que des intervenants diplômés dans la spécialité. Chaque patient philippin bénéficie du même résultat opératoire qu’un enfant français opéré en France et heureusement !!! Nos chirurgiens opèrent des fentes tout au long de l’année dans leur service en France, (ils payent leurs billet d’avion !)
Le CSEP prend à sa charge logement et nourriture .
Pour les patients, tous issus de familles très défavorisées, le CSEP prend en charge : déplacements, analyses, interventions, médicaments , suivi opératoire et eau minérale.
Nous touchons des enfants de toute l’île de Panay, de Guimaras et même de Négros Occidental.
Je suis en admiration devant ces familles totalement démunies, mais très soudées, qui font tous ces efforts pour venir du fin fond de l’île (parfois 7h de trajet en jeep) afin de bénéficier pour leur enfant de la compétence de nos équipes.
 |
 |
Paul, chirurgien avec trois de ses patientes |
Au bloc, Paul et Ioan, chirurgiens assistés par
Etiennette, infirmière spécialisée (St Affrique)
|
En février 2006, le CSEP reconduira 3 missions chirurgicales
Deux équipes continueront à opérer des enfants de fentes labio- palatines.
( nous fêterons le 1000 ème enfant opéré !!!).
A la demande du directeur de l’hôpital et de l’assistante sociale, nous préparons une mission chirurgicale afin d’opérer des hernies pour des patients totalement démunis qui ne pourront jamais être opérés faute de moyens.
|